mardi, 24 juin 2008

Présentation des mesures innovantes en matière de réduction des risques pour les usagers de drogues

          

Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, a présenté aujourd’hui des mesures innovantes en matière de réduction des risques,pour les usagers de drogues intraveineuses, en déplacement au centre d’accueil pour toxicomane Beaurepaire de l’association Charonne, à Paris.

Alors que le secteur aborde une mutation permettant à chaque établissement de prendre en charge les différents types d’addiction, Roselyne Bachelot-Narquin, accompagnée du président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), s’est rendue sur le terrain pour les assurer de son soutien.

La ministre a présenté de nouvelles mesures dans sa politique de réduction des risques :

1) Prévention du passage à l’injection

Parce que la prévention de l’injection est un enjeu sanitaire décisif, Roselyne Bachelot-Narquin souhaite que l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (l’INPES) élabore une stratégie permettant d’identifier les publics concernés et de les informer le mieux possible.

La ministre a rappelé qu’actuellement, le problème sanitaire majeur concernant les usagers de drogues intraveineuses est la contamination par le virus de l’hépatite C, avec 3000 à 4000 nouvelles contaminations recensées chaque année.

2) L’éducation aux risques liés à l’injection

Des séances d’éducation aux risques liés à l’injection (ERLI) se tiendront dans certains Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogue (CAARRUD).

L’Education aux risques liés à l’injection (ERLI) pourra être réalisée selon différentes modalités : entretiens individuels ou en groupe, apprentissage par vidéo, ou simulation d’injections. Un comité de pilotage, nommé par la Direction générale de la santé (DGS), évaluera ces expérimentations, et accompagnera éventuellement leur mise en œuvre.

3) Améliorer la politique de substitution

L’étude Méthaville, attendue depuis longtemps, va être lancée.

Il s’agit d’évaluer la possibilité d’autoriser des médecins de ville, volontaires et formés, à prescrire de la méthadone, actuellement utilisée comme traitement substitutif aux opiacés (TSO), dans le cadre d’une prise en charge globale et uniquement disponible dans des structures spécialisées.

Cette étude Méthaville vise à améliorer et à développer la politique de substitution qui concerne plus de 100000 personnes en France.

Roselyne Bachelot-Narquin a indiqué qu’elle souhaitait que ce projet d’étude soit lancé avant la fin de l’année.

4) Sécuriser la substitution

Roselyne Bachelot-Narquin a demandé à Didier Houssin, directeur général de la santé, de prendre un arrêté pour prévenir le détournement de certaines substances, telles que la buprénorphine. Cet arrêté définit des conditions de délivrance et autorise un suivi des consommations.

L’objectif affirmé : empêcher le détournement de ce type de produits, sans entraver l’accès à la substitution.

Les services du ministère de la Santé, ainsi que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), seront chargés de suivre cette mesure.

Une politique de réduction des risques ne peut, en effet, être efficace que si elle est responsable et encadrée.

5) Evaluer certains outils de réduction des risques

Le ministère de la Santé va lancer prochainement une évaluation de kits d’injection actuellement disponibles pour les usagers de drogues par voie intraveineuse et qui ont contribué à limiter la transmission de divers pathogènes lors de l’injection.

Les modalités de cette évaluation sont en cours d’élaboration par la Direction Générale de la Santé.

6) Améliorer la prise en charge de l’hépatite C chez les usagers de drogues

Le ministère de la Santé va lancer l’évaluation du traitement de l’hépatite C par des médecins généralistes, « en ville ».

Améliorer l’accès des usagers de drogue intraveineuse au traitement de l’hépatite C permettrait d’éviter l’évolution vers la cirrhose ou le cancer du foie. En outre, cela limiterait la transmission, en diminuant le nombre de personnes susceptibles d’en contaminer d’autres.

La ministre a rappelé que pour certains types d’hépatites C, la guérison peut être obtenue dans près de 80% des cas, au prix d’un traitement prolongé (six mois) dont le suivi est parfois difficile, et pour lequel les effets secondaires sont relativement fréquents.

Roselyne Bachelot-Narquin, par l’annonce de ces mesures novatrices, affiche sa volonté de mener une politique sanitaire forte dans le domaine des addictions

 

[Pascal]



 

 

A VOIR SUR LE WEB : sante.gouv.fr]

mercredi, 18 juin 2008

Soutien

J'ai apporté ce jour mon soutien à nos collègues des 100 communes du Haut Nivernais, du Morvan et du Sud de l’Yonne, qui ont unanimement décidé de nos alerter sur les conséquences en Bourgogne de la réforme de la carte hospitalière et sanitaire actuellement en cours.

En tant qu' élu, je suis membre de la conférence sanitaire du nord de l'Yonne, je participe ainsi à l'élaboration et la révision du SROSS et même si notre conférence est plutôt favorisée; il n'en demeure pas moins la necessité d'avoir une vision globale de la carte hospitalière.

Nous le savons toutes et tous pour le vivre au quotidien, des hôpitaux sûrs sont essentiels pour garantir à chacun l’accès aux soins et sont indispensables pour maintenir les médecins libéraux sur nos territoires, dans un contexte de crise de la démographie médicale.

D’après la coordination nationale des usagers de la santé ce sont des centaines d’établissements ou services hospitaliers qui, à court ou moyen terme, seraient réduits ou supprimés sur l’ensemble du territoire.

En Bourgogne, seuls 7 établissements hospitaliers pivots ne seraient pas affectés par des projets de restructuration.

Considérant que le droit à la santé, garanti constitutionnellement, doit demeurer un des piliers majeurs de notre République, je participe ainsi à l’alerte collective de cette situation. La lettre suivante sera adressée à Madame la Ministre de la Santé.


Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN
Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports
8 avenue de Ségur
75700 PARIS




Madame la Ministre,

Nous, maires de Bourgogne, tenons à vous faire part de notre inquiétude sur les conséquences de la réforme de la carte hospitalière et sanitaire actuellement en cours.
Elus de territoires ruraux ou semi urbains nous sommes confrontés à une crise des soins médicaux sans précèdent, liée au manque et au non-remplacement des médecins.
Soucieux de la santé de nos concitoyens, nous mettons tout en œuvre pour favoriser l’installation de professionnels de santé (création de maisons médicales, aides à l’installation, contrats avec les étudiants….).
Or, les restructurations d’hôpitaux et de services engagés- comme à Clamecy- ou à venir dans les 4 départements de Bourgogne viennent remettre en cause ce travail et ces efforts.
Pour le vivre au quotidien, nous affirmons que des hôpitaux sûrs et proches sont essentiels pour garantir à chacun l’accès aux soins et sont indispensables pour maintenir les médecins libéraux sur nos territoires.
Sans méconnaître la nécessaire réforme de notre système de santé publique comme la fragilité de certains hôpitaux gros ou petits, nous plaidons pour qu’un dialogue raisonné s’instaure avec les territoires afin que soit maintenu un maillage sanitaire qui assure la sécurité de tous.
Nous croyons, en effet, possible de réformer et d’enrichir notre offre de soins par la concertation et un effort d’imagination partagé.
En contact permanent avec nos populations, nous voulons témoigner de l’importance de commencer par examiner les besoins des territoires pour élaborer les projets sanitaires et non de partir du sommet pour éponger les déficits des plus grands établissements (plus de 100 millions d’euros de déficit pour les hôpitaux bourguignons en 2007).
Dans cet esprit, il nous semble urgent qu’un moratoire sur les restructurations hospitalières puisse être prononcé pour permettre, dans la sérénité et le travail, de construire ensemble une offre de soins en Bourgogne qui garantisse l’égal accès de tous à la santé comme le prévoit notre Constitution.
Dans cet esprit, nous sollicitons une rencontre avec une délégation des élus de Bourgogne afin de pouvoir vous exposer directement nos propositions.
Nous vous prions de croire, madame la Ministre, en l’assurance de notre parfaite considération.




Les maires de Bourgogne

mardi, 03 juin 2008

Cadre de santé : la formation commune favorise-t-elle la construction identitaire ?

Jusqu’en 1995, six des professions paramédicales avaient une formation cadre qui leur était spécifique. Le décret n°95-926 du 18 août 1995 portant création d’un diplôme cadre de santé, met un terme à ces spécificités en introduisant une formation commune à l’ensemble des professions paramédicales.
L’objectif de cette interprofessionnalité est l’acquisition d’un langage commun, et l’amorce d’un décloisonnement au sein des établissements de santé. Suffit-il d’être regroupé dans une formation commune pour partager des valeurs et un langage commun ?

Les élèves cadres issus de professions médicotechniques ont l’occasion de découvrir, tout au long de cette année de formation, ce qu’est la culture soignante. Et quand bien même, d’un point de vue catégoriel, les manipulateurs en imagerie médicale et les techniciens de laboratoire appartiennent au corps des médicotechniques, il n’en est pas moins vrai que la culture professionnelle des premiers est bien plus proche de celles des infirmiers que de celle des seconds.

Si bien des manipulateurs en imagerie médicale se revendiquent « soignants » à part entière, les techniciens de laboratoires, maillons importants de la chaîne du soin, ne se considèrent pas comme des soignants, mais tiennent à leur catégorie « médicotechnique ». La rencontre de ces deux cultures dans la formation commune des cadres de santé a-t-elle des conséquences positives, nécessaires sur la construction identitaire des futurs cadres de santé ?

Un langage commun : rêve ou réalité ?
Pour favoriser l’acquisition d’une culture et d’un langage communs à tous les cadres de santé, et pour entamer le décloisonnement au sein des établissements de santé, le décret de 1995 prévoit des modalités bien précises de recrutement des cadres pédagogiques dans les instituts de formation des cadres de santé (I.F.C.S.) : « l’équipe enseignante comporte au moins un enseignant, intervenant à temps complet ou à temps partiel pour chacune des professions pour lesquelles l’institut est agréé. »

Mais « malheureusement, cette pluriprofessionalité est plus ou moins effective selon les agréments ministériels obtenus par les IFCS et restera toujours déséquilibrée quoi que l’on fasse : démographie paramédicale oblige. » Cet état de fait est regrettable car l’élève en formation, pour sa construction identitaire de futur cadre de santé, a besoin de repères pour effectuer le passage de sa profession initiale vers celle de cadre.

Relation formateur-formé

L’effet miroir qui se produit entre formateur et « formé » a un rôle important dans ce passage. Les élèves en formation attendent que quelqu’un, à côté d’eux, leur dise qu’ils sont bien là, que c’est bien eux les futurs cadres de santé. Ils veulent confirmation de leur identité, pour pouvoir continuer à progresser dans ce passage, et ne pas se perdre, tourner en rond, voire rebrousser chemin.

Qui mieux qu’un formateur issu de leur profession d’origine peut le faire ? Ne les appelle-t-on pas des « cadres » pédagogiques ?
Le cadre, tel que décrit par José Bleger , comme une limite, un tracé ; ce « cadre » évoque aussi la stabilité du tracé, qui protège ce qui est dedans (les élèves) de ce qui est dehors. Le cadre permet aux étudiants, clairement ou confusément, d’avoir des repères. Il conditionne leur orientation, leur position en tant qu’élève. Il leur permet aussi d’avoir le sentiment d’une identité.

Néanmoins, quelle compétence l’étudiant cadre reconnaît-il à un cadre pédagogique pour évaluer sa progression en tant que soignant, ou que médicotechnique si le formateur n’a pas la même origine professionnelle que lui ?

Identification du formé au formateur

Et que penser de l’identification du formé au formateur ? C’est un vecteur fondamental de la communication entre les individus. La construction de l’identité du futur cadre passe par l’identification. Ce faisant, le formé s’approprie ce qu’il croit être les qualités de l’autre, du formateur auquel il s’identifie. C’est une façon d’entrer dans sa peau. Si l’élève n’arrive pas à s’identifier à son formateur, il peut vivre une angoisse de ne pas être reconnu par lui, et au-delà, une angoisse de perte d’identité.
Ce phénomène relève du mythe cosmogonique, tel que le décrit Mélanie Klein : peur très ancienne liée à la création de l’univers ; nous avons peur de ce qui est en nous et qui nous est étranger. C’est à l’origine de ce qui nous fait redouter l’autre, de ce qui nous en fait faire un étranger.

Construction identitaire
L’étape de la construction identitaire du cadre, étape clé de la formation cadre de santé, aura des conséquences tout au long de la future carrière du cadre de santé.
Pour reprendre la métaphore souvent utilisée qui compare la formation cadres de santé à une grossesse, négliger l’importance de la construction identitaire du futur cadre de santé, c’est un peu comme ne pas surveiller le développement du fœtus en cours de gestation, et être surpris de le voir naître avec une malformation…. Qu’il conservera peut-être toute sa vie !

Pour se construire, l’étudiant cadre de santé doit acquérir certains savoirs. Or « dans le savoir, il n’y a pas que le savoir, intervient aussi la manière dont on l’a acquis, en particulier en matière de durabilité, d’appropriation. »
Cette appropriation du savoir sera d’autant plus facile pour le formé qu’il se retrouve dans le formateur. Selon Micheline Desplebin (2000), directrice de l’I.F.C.S. du C.H.U. de Poitiers, « il a été démontré que les interactions entre pairs construisent un savoir plus stable que la seule interaction avec un expert. » C’est là tout le paradoxe de la formation des cadres de santé, commune à l’ensemble des professions paramédicales.

Comment les apprenants issus de professions médicotechniques se reconnaissent-ils dans les formateurs soignants ? Que leur apportent les interactions avec les infirmières ? La découverte du monde soignant pour certains, une façon de s’approcher un peu plus du patient pour d’autres… Mais faut-il nécessairement être auprès du patient pour contribuer à lui apporter un soin de qualité ?

Le décret du 18 août 1995 se prévaut d’« enrichir les relations de travail et les coopérations entre les nombreuses catégories professionnelles, indispensable à la cohérence des prestations. » L’année de formation cadre de santé a ceci d’enrichissant pour les médicotechniques : transférer les problématiques du monde soignant au monde médicotechnique qui était le leur, et qui le sera à nouveau après la formation.

Car si la formation est commune, la profession d’origine, elle, figure tout de même sur le diplôme de cadre, sous la forme de « mention ». Ceci implique qu’un cadre de santé « mention infirmier » sera affecté dans un service de soins, et un cadre de santé « mention technicien de laboratoire », dans un laboratoire, etc… Comme si, une fois ce langage commun acquis, ce décloisonnement entamé, il fallait soudainement se « recloisonner » : chacun son terrain d’affectation. C’est une gymnastique quasi quotidienne, pour les étudiants issus de catégories professionnelles médicotechniques, d’adapter à leur quotidien de futur cadre les exemples développés par les formateurs : qui dit module de formation dit I.F.S.I. , qui dit évaluation dit M.S.P. , qui dit mémoire d’initiation à la recherche dit mémoire d’initiation à la recherche en soins, et que dire des S.I.I.P.S. , et autre R.S.S. ? Langage commun, certes, mais il semble que parler le « langage infirmier » avant d’entrer en formation constitue un net avantage pour le futur cadre de santé.

Décloisonner, selon la définition de l’encyclopédie Encarta, c’est « réduire les champs de spécialisation, les structures qui entravent la libre circulation des idées. » Réduire un champ de spécialisation, est-ce uniformiser ? Mais alors dans quel sens le faire ? Au profit de qui ? Du patient, certainement…Le décloisonnement implique-t-il que le nombre fasse loi ? Et si décloisonner c’était perdre son identité ?
Le législateur l’avait un peu pressenti, et pour s’en dédouaner il proclame que « l’objectif de décloisonnement poursuivi ne saurait en aucun cas conduire à remettre en cause l’identité de chacune des professions (…) »

Cadres du XXIème siècle : cadres hospitaliers ?
Pourquoi ne pas envisager une formation cadre de santé commune à l’ensemble des cadres de santé, soignants, médicotechniques, administratifs et techniques, comme le suggère Jean Abbad (2001), directeur adjoint des ressources humaines du C.H.U. de Poitiers, dans son ouvrage « Organisation et management hospitalier » ? « Ils (les cadres) doivent, notamment, disposer d’une culture commune, partager les mêmes valeurs, adhérer solidairement au projet collectif et aux stratégies de leur établissement et développer entre eux une communication interactive. »

La formation commune à l’ensemble des cadres ne serait-elle pas le moyen le plus sûr de faire cohabiter plusieurs logiques, de les partager, les comprendre et de faire de la qualité des soins l’affaire de tous, et non plus un privilège réservé aux soignants ?

par Catherine Guérin

mardi, 20 mai 2008

Caisse d'Assurance Maladie

Votre Caisse d’Assurance Maladie à votre écoute

 

 

 

Connaissez-vous les services à distance que l'Assurance Maladie vous propose pour simplifier vos démarches ?

 

 

 

 

La Caisse d’Assurance Maladie de l’Yonne vous propose de nombreux services pour simplifier vos démarches concernant le suivi de vos remboursements ou la gestion de votre dossier. Cette aide vous permet également de vous orienter dans le système de soins.

 

 

Pour vous faire gagner du temps et répondre à vos attentes, ces services sont accessibles depuis chez vous, sans avoir à vous déplacer, soit par téléphone, soit par Internet 7j/7 et 24h/24.

 

 

 

I.                   Des services à distance, sans avoir à se déplacer

 

 

 

Je souhaite vérifier si mes remboursements ont bien été effectués ou obtenir une attestation de droits Assurance Maladie ? Quels moyens sont à ma disposition ?

 

 

L’Assurance Maladie vous propose différents modes de contact accessibles depuis chez vous, sans avoir à vous déplacer.

 

 

C’est le cas d’Internet, via le site de l’Assurance Maladie www.ameli.fr :

 

 

En vous connectant à la rubrique « Assurés / Vos services en ligne », différents services sont à votre disposition 7j/7 et 24h/24 :

 

 

  • Vous avez la possibilité de suivre vos remboursements et de vérifier que vos derniers remboursements ont bien été effectués. Pour cela, il vous suffit de vous munir de votre numéro d'assuré social et de votre code confidentiel (adressé régulièrement avec vos relevés de remboursement).

     

 

  • Vous pouvez aussi demander une attestation de paiement de vos indemnités journalières, une attestation de droits à l’Assurance Maladie, demander une carte européenne d’Assurance Maladie (CEAM),…

     

 


 

Si je n’ai pas Internet, comment faire ?

 

 

Si vous ne disposez pas de connexion Internet, l’Assurance Maladie vous propose son service d’information téléphonique, accessible du Lundi au Vendredi au :

 

 

  • 0 820 904 167 (0,12 €/mn)

     

  • Attention ! Ce numéro va bientôt changer pour devenir plus court et moins cher !

     

 

 

Plusieurs choix vous sont proposés :

 

 

  •  
    • 7j/7 et 24h/24, vous pouvez prendre connaissance de vos remboursements effectués au jour de votre appel.

       

 

  •  
    • Du lundi au vendredi, vous pouvez être mis en relation avec un conseiller Assurance Maladie pour toutes vos questions liées à vos remboursements de soins.

       

 

! Pour toute question sur votre retraite, contactez les services de la CRAM.

 

 

A SAVOIR…

 

Durant l’été, votre Caisse d’Assurance Maladie adoptera un nouveau numéro de téléphone plus simple, plus court, avec un coût de l’appel en baisse (coût d’un appel local).

 

Plus d’information prochainement…

 

 

 

 

J'ai déménagé. Est-il possible d'en informer ma Caisse d’Assurance Maladie sans me déplacer?

 

 

Oui, c'est tout à fait possible.

 

 

  • Depuis www.ameli.fr, connectez vous à la rubrique « Assurés /Vos services en ligne ».
    Grâce à Internet, vous pouvez directement effectuer votre changement d'adresse auprès de l'Assurance Maladie mais également auprès des Allocations familiales, de l'Assurance vieillesse et du Service des Impôts…

     

 

  • Si vous ne disposez pas d'un accès Internet, contactez  votre Caisse d’Assurance Maladie :

     

 

  •  
    • par courrier, en écrivant à :

       

CPAM de l’Yonne

 

89024 AUXERRE CEDEX

 

 

  •  
    •   par téléphone, un conseiller Assurance Maladie vous répond au :  

       

0 820 904 167 (0,12 € /mn)

 

de 8h à 18h sans interruption, du lundi au vendredi.

 

 

Pour les questions nécessitant des recherches complémentaires, il vous est demandé de patienter quelques jours.  Votre demande est traité dans les plus brefs délais.

 


II.                L’orientation dans le système de soins

 

 

 

Je souhaite connaître le cabinet d’infirmières le plus proche de chez moi, les tarifs pratiqués par un médecin, ou s’il accepte la carte vitale. Comment faire ?

 

 

L’Assurance Maladie vous aide à vous orienter dans le système de soins en vous renseignant sur les services et les tarifs des professionnels de santé.

 

 

Ce service est disponible par téléphone, en contactant un conseiller Assurance Maladie au
0 820 904 167 (0,12 € / mn) de 8h à 18h sans interruption, du lundi au vendredi.

 

 

 

Quelles informations sont délivrées par ce service d’information téléphonique ?

 

 

Ce service d’information accessible par téléphone vous permet :

 

 

  • de connaître les coordonnées des professionnels de santé proches de chez vous (médecin généraliste, spécialiste, infirmière, kinésithérapeute…) ;

     

  • de savoir s’ils prennent ou non la carte Vitale ;

     

  • d’obtenir une information sur les tarifs pratiqués et votre niveau de remboursement.

     

 

A noter : ce service répond aux souhaits exprimés par les assurés d’obtenir des repères pour mieux s’orienter dans le système de soins.

 

 

Il permet aussi de préserver le choix de chacun en fournissant des informations objectives :

 

 

  • Pour connaître les coordonnées d’un médecin proche de chez vous, la réponse apportée portera sur un minimum de trois professionnels de santé correspondant à vos critères de recherche.

     

 

  • Pour les médecins à honoraires libres, l’information délivrée s’effectue sur le calcul d’une fourchette des tarifs pratiqués et présentés au remboursement auprès de l’Assurance Maladie.

     

 

 

Ces informations sont-elles accessibles sur Internet ? Sur ameli ?

 

 

Oui, le site Internet de l’Assurance Maladie www.ameli.fr vous permet d’accéder à l’annuaire des professionnels de santé et des établissements de  santé (rubrique « Annuaires »).

 

 

Vous pouvez rechercher un professionnel de santé proche de chez vous, et savoir s’il accepte ou pas la carte Vitale.

 

 

Ce n’est pas le seul service disponible sur Internet. Toutes les informations pratiques sur vos démarches et votre santé en général sont accessibles 7j/7 et 24h/24 sur le site Internet de l’Assurance Maladie www.ameli.fr (rubrique « Assurés ») :

 

 

  • Vous y trouverez des informations et des conseils sur vos droits, votre santé, des conseils de prévention, les services proposés par votre Caisse d’Assurance Maladie…

     

 

  • Vous pouvez aussi retrouver gratuitement notre lettre d’informations et de conseils « Moments-Clés » qui est diffusée régulièrement avec les décomptes des assurés icaunais.

     

 

  • Vous avez également la possibilité de trouver et d’imprimer tous les formulaires dont vous avez besoin, consulter vos remboursements et contacter votre Caisse.

     

 

 

Mon médecin est équipé d’un nouveau service d’aide à la prescription baptisé « historique des remboursements ». De quoi s’agit-il ?

 

 

Il s’agit d’un nouveau service sécurisé proposé gratuitement par l’Assurance Maladie aux médecins qui le souhaitent.

 

Effectivement, c’est un service d’aide à la prescription qui permet à votre médecin de visualiser, avec votre accord et en votre présence, l'ensemble des soins, médicaments et examens qui vous ont été prescrits et remboursés au cours des 12 derniers mois.

 

 

Pourquoi ce service  de « l’historique des remboursements ? ».

 

 

Vous consultez un nouveau médecin à l’occasion d’un déplacement, ou votre médecin traitant s’est absenté : comment connaître votre passé médical ? Comment connaître vos traitements en cours ? Avec votre accord et votre carte Vitale, le médecin peut accéder à un outil d’aide à la prescription, c’est « l’historique des remboursements ».

 

 

Quels sont les avantages de ce service ?

 

 

  • Un service d’accès sécurisé nécessitant l’accord du patient ;

     

 

  • Un service mis à la disposition des médecins pour mieux connaître le passé médical de leur patient ;

     

 

  • Avec ce nouveau service, votre suivi médical est plus précis.

     

 

  • Il permet par exemple de prévenir les contre-indications médicamenteuses.

     

 

  • Il s’agit d’un outil utile, surtout si vous consultez un médecin remplaçant, un spécialiste vers lequel votre médecin traitant vous a orienté ou encore un autre médecin pendant vos vacances.

     

 

 


III.             Les points d’accueil de l’Assurance Maladie

 

 

 

Je souhaite mettre à jour ma carte Vitale, comment faire ?

 

 

Vous pouvez mettre à jour votre carte Vitale :

 

 

  • dans les points d’accueil de votre Caisse d’Assurance Maladie ;

     

  • dans la plupart des pharmacies ;

     

  • dans certains établissements de soins (hôpitaux, cliniques...).

     

 

Les bornes de mises à jour sont mises gratuitement à votre disposition.

 

 

Dans les points d’accueil de votre Caisse d’Assurance Maladie, vous pourrez mettre à jour votre carte Vitale ou bien imprimer immédiatement et gratuitement une attestation de droits concernant l’Assurance Maladie grâce aux guichets automatiques disponibles dans les accueils de Sens, Joigny, Auxerre et Avallon. Tous les accueils sont ouverts entre 12h et 14h.

 

 

 

Si je souhaite me rendre dans un point d’accueil de l’Assurance Maladie, où dois-je aller ?

 

 

Les conseillers de votre Caisse d’Assurance Maladie sont à votre disposition pour vous recevoir et répondre à vos questions.

 

 

Dans l’Yonne, cinq points d’accueil et plusieurs permanences sont proposés par votre Caisse d’Assurance Maladie sur l’ensemble du département. Ces espaces d’accueil sont mis à votre disposition et sont accessibles quel que soit votre lieu de résidence. Choisissez l’accueil le plus pratique pour vous, en fonction de votre lieu d’habitation, de travail, ou de vos trajets !

 

 

à Par exemple, si vous habitez à Auxerre et que vous travaillez à Avallon, et qu’il est plus pratique pour vous de vous rendre à l’accueil Assurance Maladie d’Avallon, n’hésitez pas !

 

 

Pour connaître les adresses et les horaires d'ouverture de nos points d'accueil et permanences, rendez-vous sur www.ameli.fr (rubrique « Assurés / votre caisse ») ou téléphonez au
0 820 904 167 (0,12 € / mn).

 

 

 

Evaluez-vous ces différents services ?

 

 

Oui, notre objectif est d’adapter nos services en fonction des attentes de nos assurés.

 

 

Chaque année, la Caisse d’Assurance Maladie réalise une enquête de satisfaction auprès des assurés icaunais et qui porte globalement sur l’ensemble des services rendus par la Caisse.

 

 

  • Vous appréciez le service téléphonique de la Caisse avec ses plages d’ouverture très large (de 8h à 18h !) et en particulier l’accès à tous nos services de 12h à 14h.

     

  • Dans nos accueils, les horaires d’ouverture de nos services (à partir de 8h et en continue jusqu’à 16h, sauf le vendredi) rendent le service attendu.

     

  • D’une manière générale, l’information délivrée sur les droits, les démarches et en matière de prévention et de santé sont également appréciés.

     

  • Diverses attentes apparaissent : des évolutions sont donc prévues dans ce sens.

     

  • A votre écoute, à votre service.

     

 

PROCHAINEMENT…

 

A noter que durant l’été, votre Caisse d’Assurance Maladie adoptera un nouveau numéro de téléphone plus simple, plus court, avec un coût de l’appel en baisse (coût d’un appel local) !

 

samedi, 17 mai 2008

La commission des affaires sociales du Sénat analyse le phénomène de l’addiction en France

Réunis à l’initiative de la sénatrice Anne-Marie Payet (La Réunion, UC-UDF), six experts (les professeurs Philippe Batel, Martine Daoust, Roger Nordmann, Michel Stora et Marc Valleur ainsi que Christine Kerdellant) ont été auditionnés, mercredi 14 mai, par la commission des affaires sociales pour lui permettre de prendre la mesure de l’étendue du phénomène addictif en France et de définir les moyens d’une politique de prévention efficace.

 

Le terme addiction recouvre l’ensemble des comportements auxquels celui qui s’y adonne ne peut résister. Il inclut la dépendance bien connue aux substances telles l’alcool, le tabac ou la drogue qui causent chaque année de trop nombreux décès. Mais de nouveaux types d’addictions, sans substances, se développent désormais et touchent des populations de plus en plus jeunes : c’est le cas notamment de l’addiction aux jeux de hasard ou de la cyberdépendance.

 

A la demande du Président Nicolas About (Yvelines, UC-UDF), les personnes auditionnées ont indiqué les axes qui leur semblent prioritaires pour développer une politique de prévention efficace. Celle-ci supposerait d’abord une action pédagogique renforcée dès le plus jeune âge, à mener en milieu scolaire par des formateurs au message scientifiquement validé et adapté au public concerné. Il est aujourd’hui nécessaire d’apprendre aux enfants à décoder les images qui les assaillent et qui peuvent les conduire à l’hyperconsommation et aux excès, tout aussi néfastes dans leurs conséquences qu’une dépendance durable. Il appartient enfin aux politiques publiques de modifier l’image, parfois excessivement favorable, des produits les plus addictifs afin de permettre à chacun de prendre conscience du danger qu’ils représentent.

 

La commission des affaires sociales, forte des informations qu’elle a recueillies, veillera à ce que les projets de loi qui lui seront soumis puissent prendre en compte ces impératifs de santé publique.

 

Le compte rendu de ces auditions fera prochainement l’objet de la publication d’un rapport d’information.

 

lundi, 14 avril 2008

Conférence des Directeurs Généraux de CHU : Rapport Larcher, appréciation positive

 La Conférence des Directeurs Généraux de CHU est satisfaite des propositions du Rapport Larcher. Les préconisations du rapport Larcher et tout particulièrement les aspects qui concernent l’organisation territoriale, le management des établissements publics hospitaliers, l’enseignement, la recherche et l’innovation correspondent dans une très large part aux propositions émises par la Conférence des Directeurs Généraux de CHU lors des réunions de concertation et antérieurement, lors des travaux menés dans les Assises Hospitalo-Universitaires avec les Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement (CME) des CHU et les Doyens.

L’assouplissement de la gestion dans un souci de plus grande réactivité devrait permettre aux CHU d’être plus efficients. Il en va tout particulièrement ainsi à travers la proposition de développer la contractualisation avec les médecins tout en maintenant la possibilité pour ceux qui le souhaitent de rester dans un cadre statutaire.

L’évolution vers un régime d’achat public sur la base des normes européennes serait déterminante.

La certification des comptes et l’évolution vers un suivi budgétaire et financier qui est celui du plan comptable permettrait de rompre avec la lourdeur du système public actuel ordonnateur/comptable et serait un atout supplémentaire.

La Présidence du Directoire par le Directeur Général « décideur ultime dans le management de l’hôpital » comme vient de le confirmer le Président de la République, permettra une gestion plus réactive en liaison avec le Président de la CME, Vice-président du directoire ainsi qu’avec la représentation des soignants.

Le CHU est confirmé comme étant au centre du dispositif d’enseignement, de recherche et d’innovation médicale à travers ses dimensions régionales et interrégionales. Il convient maintenant de s’attacher aux procédures législatives et réglementaires qui seront déterminantes dans les mois qui viennent pour une traduction effective de ces orientations positives.

La Conférence des Directeurs Généraux de CHU apportera sa contribution, en liaison avec la Conférence des Présidents de CME et des Doyens.

[Charlaine]

jeudi, 27 mars 2008

Processus d’informatisation des systèmes d’information et nouvelle Gouvernance, un paradoxe ?

Le contexte actuel


Depuis cette année, la nouvelle Gouvernance s’exprime notamment par la mise en place des pôles et la tarification à l’acte dans les établissements de santé et plus particulièrement dans la fonction publique hospitalière. Plus qu’un pouvoir médical renforcé, cette nouvelle organisation des hôpitaux publics exige une rigueur de gestion qui fait de l’hôpital une entreprise où l’enveloppe budgétaire est en lien direct avec la « production », en l’occurrence : l’hôpital devient « producteur de soins ».

L’institution hospitalière doit désormais assurer ses missions de service public et dans le même temps montrer des compétences gestionnaires, financières et économiques en témoigne l’apparition de l’EPRD . Une des priorités du plan d’action hôpital 2012 est le développement de l’informatisation des hôpitaux, ce qui va dans le sens de la recherche d’efficience, de traçabilité et de réactivité.

L’outil informatique s’impose donc dans cette nouvelle organisation hospitalière. Par exemple, dans le domaine de l’imagerie médicale, on voit que le processus de numérisation est enclenché depuis déjà quelques années par le biais de la cotation des actes médicaux qui octroie un supplément de cotation pour les clichés numérisés et depuis le 12 septembre 2007, a diminué de moitié ce supplément au profit d’un nouveau supplément, plus éloquent et évocateur du processus d’informatisation, pour archivage numérique d’un examen radiographique ou échographique. D’autres prestataires comme les laboratoires d’analyses médicales ont également remplacé le papier par l’outil informatique depuis déjà des années.

L’idéologie informatique s’ancre de plus en plus dans l’esprit des prestataires qui y voient un retour sur investissement non dénuer de sens. L’informatisation du prendre soin a un sens pour les soignants mais aussi pour les administratifs. Le DMP devient un incontournable sur lequel ce sont penchés des établissements de santé.

La problématique
L’hôpital n’est pas une organisation simple, car deux logiques s’affrontent, l’une économico administrative et l’autre médicale. Les cadres de santé sont eux, à la croisée des chemins, et, se doivent de jouer leur rôle de facilitateur avec ces deux logiques souvent paradoxales. Malgré toute cette complexité d’articulation auquel ils doivent faire face, ils ont cette mission commune de garantir la continuité des soins. Actuellement, les données patient sont liées essentiellement au dossier de soin alimenté par de nombreux volets papier émanant de différents secteurs d’activité et rigoureusement centralisés dans le service où est hospitalisé le patient.

A l’aube du DMP informatisé, il faut d’ores et déjà penser au remplacement du dossier papier par un dossier informatique unique, rempli par chacun des intervenants tout au long du parcours de soin. Un premier préalable semble être nécessaire : « travailler ensemble et partager de l’information afin de garantir la sécurité du patient et la qualité des soins administrés ». Le deuxième est le passage de la culture de l’écrit , fondement ancestral de notre société, à celle de l’outil informatique comme support de l’information.

Qu’en est-il ?
Cet article se propose donc dans un premier temps d’identifier, ce qui pourrait empêcher le partage de données entre secteurs d’activité à l’hôpital et par conséquent entraver le processus d’informatisation qui s’impose à nous, par souci d’efficience gestionnaire, mais surtout, par souci d’optimiser la qualité de la prise en charge patient en respectant les exigences de l’HAS pour la traçabilité des actes, de la législation en vigueur et de la logique « humaniste » du soin. A partir de recueils de données réalisés auprès de cadres de santé, et, de divers concepts nous verront que le sens commun n’est pas un « allant de soi ». Puis, dans un second temps, de voir quel est le niveau d’utilisation de l’outil informatique, notamment des cadres de santé.

Ceci sera le point de départ d’une réflexion plus générale sur les orientations de la politique de santé en matières d’informatisation des hôpitaux et du devenir du cadre.

Quelle est la réalité du terrain ?
Les cadres de santé utilisent les logiciels informatiques que l’institution leur fournit. Outre la gestion des plannings du personnel ou encore la formation continue des agents, ils échangent des informations entre cadres. Mais, ce partage de l’information ne dépasse que très rarement les limites du secteur d’activité auquel ils appartiennent, c’est-à-dire le service, l’unité ou le pôle. Chacun a donc tendance à s’inscrire dans un territoire informatique alors que, paradoxalement, le patient s’inscrit dans la « transversalité de la prise en charge pluridisciplinaire », qui dépasse, donc, le cadre du pôle. L’identité professionnelle y est sans doute pour quelque chose.

L’interaction et la communication qui s’imposent aux individus par la mise en réseau de données utiles à tous, tendent à resserrer les liens qui les unissent dans une dynamique de groupe sur fond de sens commun dans le travail . Autrement dit, l’outil informatique est utilisé comme moyen de communication et donc d’échange sur des activités ou problématiques de secteur ou de pôle entre cadres de même filière, qu’ils soient infirmiers ou manipulateurs. Ceci émane du constat de terrain. De plus, l’outil informatique est culturellement, beaucoup plus, un allant de soi dans la filière médicotechnique, vraisemblablement du fait de la formation initiale. D’ailleurs, en institut de formation cadre où l’usage de l’informatique est incontournable, il n’est pas rare d’entendre : « Pour les problèmes informatiques demandés à vos collègues manip… ».

En observant plus en détail les habitudes de travail et le rapport à l’informatique des cadres, on s’aperçoit que certains vont jusqu’à travailler en réseau informatique interne, notamment depuis la création des pôles. Le partage d’informations existe dans le pôle mais n’en franchit pas les murs. De plus, l’outil informatique est essentiellement utilisé à des fins gestionnaires au sens administratif, économique et financier. A ce sujet, il est à noter que les formations proposées par l’institution respectent cette logique (Word, Excel, logiciel planning…).

Parallèlement, le processus d’informatisation du dossier de soin s’initie dans certains établissements et respecte lui aussi une logique, celle du raisonnement clinique des soignants définit dans les projets de prise en charge des patients de l’établissements. Les informations inscrites le sont dans un esprit de partage au sein de l’équipe mais pas toujours dans l’idée d’être partagées avec d’autres secteurs d’activité. La dynamique de groupe que cela engendre tend, d’un point de vue identitaire, à ne pas transmettre de données vers l’extérieur du service ou du pôle. Le cloisonnement persiste et l’outil informatique ne tend pas au décloisonnement dans les faits. Par exemple, la transmission du dossier de soin au format papier n’est pas systématique lorsqu’un patient, pour des raisons diagnostiques ou thérapeutiques, quitte ponctuellement le service dans lequel il est hospitalisé. De même, lorsqu’il a bénéficié d’un examen d’imagerie, rares sont les transmissions entre manipulateurs(trices) et infirmiers(ières).

La transmission d’informations vers l’extérieur n’est pas culturelle et l’existence d’un dossier de soin informatisé suit la logique papier. Les cadres interrogés, pourtant garant de la continuité des soins, n’ont pas tous cet ancrage culturel du partage « extra muros » (en dehors du service) des informations avec d’autres professionnels de santé, concernant le patient (ou usager).

Hormis l’hyperspécialisation qui représente un facteur de cloisonnement indéniable, un des freins au partage de l’information pourrait se poser également en terme d’enjeux de pouvoir. En effet, celui qui divulgue de l’information perd du pouvoir. De plus, dans le cas de l’informatique, la maîtrise de l’outil confère du pouvoir à celui qui maîtrise . Ceci ne va pas dans le sens du partage, même si à l’hôpital général le travail en réseau se développe (par opposition au secteur psychiatrique où le réseau existe depuis longtemps), on sait très bien qu’implicitement les enjeux de pouvoirs existent même s’ils sont difficiles à mettre en évidence. D’ailleurs Crozier a dit à ce sujet : « Dans toute structure d’action collective ou organisée se constitue un système de pouvoir. Le pouvoir est la matière première au fonctionnement de toute organisation. Sa création permet aux hommes d’agir et de coopérer entre eux. » . Il serait donc vain de nier que les enjeux de pouvoir sont inexistants et a fortiori utiles, dans la mesure où ils servent le collectif et non, l’individu pour l’individu.

Travailler ensemble n’est donc pas aussi simple qu’il y paraît, même à l’hôpital où le patient est sensé représenter l’axe fédérateur : l’acteur principal de tous les processus de soins.

Les projets en matière de politique de santé vont dans le sens de l’informatisation en témoigne le plan d’action hôpital 2012. Mais pour réussir une intégration efficiente de l’outil informatique il semble nécessaire, comme dans tout projet, de donner aux différents utilisateurs le sens de ce changement et que chacun soit acteur pour s’approprier l’outil et adhérer au projet.

Or, nous l’avons vu les soignants travaillent maintenant en pôle ce qui tend à parcelliser l’hôpital en territoires d’activité. La mise en œuvre de la « nouvelle » gouvernance balkanise, même si l’objectif du plan hôpital 2012 est de décloisonner et d’homogénéiser les pratiques et la tarification entre secteur public et privé. La tarification à l’acte et la sectorisation engendre la concurrence entre les pôles. Les enjeux de pouvoir qui se jouent notamment au niveau médical, par la mise en place de chefferie de pôle, instillent des distensions. Tout ceci va à l’encontre de l’idéologie du partage de l’information en transversalité.

Pourtant, l’informatisation des systèmes d’information et plus particulièrement l’informatisation du dossier patient ne sauraient se dérouler sans une réflexion commune, où chacun des acteurs ou représentants pourraient participer à l’élaboration d’un cahier des charges précis en fonction des attentes et des pratiques de chacun par rapport au projet. Le compromis et le sens commun sont de mises.

On voit bien le paradoxe idéologique entre gouvernance et « informatisation du prendre soin ». En effet, d’un côté la maîtrise des dépenses de santé a été le moteur de cette nouvelle organisation hospitalière visant à l’efficience gestionnaire, mais dans le même temps la DHOS et l’ARH doivent veiller à la mise en place du DMP informatisé piloté par le GIP-DMP . Par ailleurs, le GMSIH est un groupement d’intérêt public créé par arrêté du 23 février 2000 en concertation avec les différentes fédérations hospitalières et fondé sur le volontariat des établissements de santé publics et privés. La mission du GMSIH est d’organiser et de fédérer une demande commune à l’ensemble des établissements afin de favoriser l’interopérabilité des SIH et l’adaptation de l’offre industrielle d’applications d’informatique de santé.

Comment peut-on allier ces deux logiques antagonistes. L’une balkanise l’hôpital et l’autre nécessite que la communication soit optimum. L’informatisation des établissements de santé vise-t-elle à rentabiliser le soin, si tant est qu’un soin puisse être rentable, ou, améliorer la qualité de prise en charge du patient ? Il est raisonnable de penser que le coût de la qualité oblige à une rigueur de gestion comptable, une traçabilité de l’activité et une évaluation des pratiques entre autres. Ceci contribuerait à minimiser le coût de la non qualité afin d’allier efficience de la prise en charge des usagers et la maîtrise des dépenses de santé. L’informatique semble être un des outils nécessaire à l’atteinte de ses objectifs mais ne reste qu’un outil instrumentalisé par l’homme.

Mais actuellement, sommes-nous prêt à travailler ensemble pour que l’inéluctable informatisation soit pensée par ceux qui l’utilisent et réfléchie ensemble, autour du patient, notre dénominateur commun. Et plus important, peut-on tout normaliser dans le soin et surtout dans le prendre soin ? Le paradoxe idéologique entre la gouvernance et l’informatisation du prendre soin est sans doute le nœud de la question. On s’aperçoit, notamment en psychiatrie que « tout ne rentre pas dans les cases » et que donc le prendre soin ne se trace pas comme un acte de soin matériellement technique. Par voie de conséquence, le traçabilité informatique du prendre soin n’est pas toujours possible. D’ailleurs les tentatives d’établir un PMSI en psychiatrie sont restées infructueuses. Il en est de même à l’hôpital général où l’acte du prendre soin (qui va bien au-delà du soin technique) n’est que difficilement quantifiable et pourtant chronophage.

L’idéologie informatique du prendre soin a des limites. Les indicateurs d’activité que les cadres se doivent de trouver par injonction de l’administration gestionnaire ne sont pas le reflet exact du temps passé au prendre soin, même si le soin est très technique. Pour exemple, le scanner cérébral d’un patient de réanimation n’a pas de commune mesure en temps et en mobilisation de personnels que le même scanner réalisé sur un patient valide. Pourtant, la rémunération de l’acte CCAM n’est pas majorée à hauteur des moyens mis en œuvre. Donc le reflet informatique des cotations d’actes de soin n’est pas en adéquation avec la réalité du soin et du prendre soin.

En conclusion
L’informatisation reste un outil, certes fédérateur pour les aspects gestionnaires mais ne peut pas tout supplanter. On ne saurait instrumentaliser entière le soin et encore moins le prendre soin par l’outil informatique et balayer la communication humaine verbale nécessaire à établir une relation de confiance pour pouvoir bien travailler ensemble.

Avons-nous les moyens de notre politique de santé ? Peut-être, si le sens commun pour le patient triomphe de la balkanisation dans laquelle la gouvernance nous enferme. Certes nous devons maîtriser les dépenses de santé, mais doit-on pour autant « mettre la charrue avant les bœufs » et tayloriser davantage le travail à l’hôpital ? Ne devrions-nous pas développer une véritable stratégie de communication fédératrice ? Les injonctions de faire ne sauraient aboutir sans une démarche projet consentie et contractualiser entre les acteurs du système.

Stéphane Morisse