lundi, 07 avril 2008

Sesa suite...

 

Lors de la séance du conseil municipal qui s'est déroulée vendredi soir, le maire, Alexandre Bouchier, a apprécié comme une bouffée d'oxygène la décision de la DRIRE (Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement) qui a fait parvenir au procureur de la république un procès d'infraction en direction de la société Provimi (ex SESA Bourgogne), fabricant de croquettes.
Ce procès d'infraction ne réjouit pas forcément les élus dionysiens, car ils auraient préféré voir l'entreprise se mettre en conformité bien avant cette décision, mais cette situation devenait insupportable. L'odeur pestilentielle était dénoncée depuis longtemps par le maire.
Alexandre Bouchier regrette que seule la commune qu'il administre se soit plainte de ces désagréments : « Les maires des communes environnantes n'ont pas réagi, on peut le regretter, car les odeurs se diffusent largement au-delà des limites de Saint-Denis-lès-Sens. J'espère que cette mise en conformité ne se fera pas sous forme d'un chantage à l'emploi dans l'entreprise.Tous les courriers que j'ai adressés au directeur de la société concernée sont restés vains. »

Les croquettes épinglées

 

La DRIRE a fait parvenir un procès-verbal d'infraction au procureur de la République.  (édition du 04/04/08)

 Rachetée par Provimi en décembre 2006, l'usine SESA Bourgogne, spécialisée dans la production de croquettes pour animaux, alimente toujours la chronique. Hier, le sous-préfet de Sens, Didier Loth, faisait savoir que la DRIRE (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) avait fait parvenir il y a quelques jours un procès-verbal d'infraction au procureur de la République de Sens. La DRIRE reproche à Provimi, qui produit 50 000 tonnes de croquettes par an, de ne pas lui avoir transmis ses propositions d'investigations, de traitement et d'essais complémentaires. Provimi devait s'engager à rechercher des solutions de traitement à la source des nuisances et à s'attacher le concours d'un cabinet conseil spécialisé.
Depuis son implantation à Sens en décembre 2002, SESA a fait couler de l'encre et de la salive. Les principaux griefs portent sur les mauvaises odeurs dégagées par cette entreprise qui régale matous et toutous. Certains jours, en fonction de l'orientation du vent, les Sénonais perçoivent de façon peu ragoûtante la présence de l'usine. Des élus, dont Alexandre Bouchier, maire de Saint-Denis-lès-Sens, sont même montés au créneau en critiquant vivement cette situation.
Le conseil municipal de cette commune, qui se tient ce soir, a d'ailleurs porté cette question à l'ordre du jour. De son côté, Provimi avait tenté de mettre en place des « nez », chargés de donner un avis olfactif sur les nuisances. L'entreprise avait contacté téléphoniquement une vingtaine de personnes mais elle n'aurait enregistré aucun retour.
Hier, le sous-préfet de Sens, Didier Loth tentait de relativiser le dossier, en indiquant que l'activité de Provimi ne générait aucun risque pour la population. « Nous sommes sur un problème de confort. Ce qui ne veut pas dire que nous nions les faits », ajoutait Didier Loth, en insistant sur le versant social de cette unité qui emploie une soixantaine de personnes.