jeudi, 26 juin 2008
52 maires refusent de payer

500 euros par an et par enfant scolarisé dans le privé : les communes de l'Yonne n'acceptent pas de « déshabiller » leur propre école.
CINQUANTE-DEUX communes à fin juin. Une vingtaine un mois plus tôt. Plusieurs délibérations votées entre février et juin. Dans l'Yonne, la mobilisation des élus contre la participation des communes au financement de l'enseignement privé va croissant. Réuni hier à Perrigny, le collectif qui s'est mis en place sur l'Auxerrois et la Puisaye auxerroise a annoncé que le mouvement avait vocation à s'étendre. « Il ne s'agit pas d'opposer école privée et école publique », insiste Bernard Brenot, le maire de Lindry. « En tant qu'élus communaux, nous sommes porteurs de fonds publics. Or, l'Etat, par la loi du 13 août 2004, nous impose de payer des montants de l'ordre de 500 euros par enfant et par an pour financer les établissements de l'enseignement privé avec lesquels il est sous contrat. Nos budgets n'étant pas extensibles, ce sera forcément au détriment de l'enseignement public laïque et gratuit.
C'est proprement inacceptable au nom de l'équité, le privé bénéficiant des subventions de l'Etat, de l'argent des parents d'élèves et de celui des communes. »
Autour de la table, des élus de communes rurales, de communes périurbaines, toutes tendances politiques représentées. Un seul souci : la préservation de la qualité des écoles communales et des différents services de cantine, de garderie. « Nous nous devons d'assurer la pérennité de nos écoles », témoigne Alexandre Bouchier. A l'instar de la commune de Ligny-le-Chatel qui envisage la réalisation d'un nouveau groupe scolaire dans le cadre du SIVOS (syndicat intercommunal à vocation scolaire), Saint-Denis-lès-Sens a financé la construction d'une maternelle : « C'est peut-être une image d'Epinal, mais l'école continue de constituer avec la mairie et l'église le cœur de nos communes. Financer le privé risque de mettre en cause le service public et à terme de déboucher sur des fermetures de classes. » Et Bernard Brenot de surenchérir : « La commune n'a pas à financer un choix familial.
D'autant que la participation des communes ne diminuera pas les sommes réclamées aux parents. L'argent communal viendra en supplément. »
Au cours de l'été, le collectif, déterminé à obtenir l'abrogation de l'article 88 de la loi du 13 août 2004, ne relâchera pas la pression, interpellant les présidents des maires de France et des maires ruraux de l'Yonne qui n'ont pas encore pris position, les parlementaires mais aussi le préfet. Début septembre, une réunion la plus large possible sera organisée et un projet de motion soumis à l'ensemble des conseils municipaux.
V. S.
Jeudi le 26 juin 2008
18:44 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


