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vendredi, 27 juin 2008

ORTF ?

Bayrou dénonce "un plan de prise de contrôle de l'audiovisuel"
Par Charlotte Chaffanjon dans Le Point



Le président du MoDem, François Bayrou, assure que "c'est une atteinte profonde au principe démocratique". © Remi Ochlik / MAXPPP

Nicolas Sarkozy a provoqué la polémique, mercredi soir, en proposant que le président de France Télévisions soit désormais nommé par le gouvernement , et non plus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Une levée de boucliers qui s'est surtout manifestée dans les rangs de l'opposition. À commencer par Patrick Bloche, Michel Françaix et Didier Mathus, députés socialistes qui ont claqué la porte de la commission Copé peu de temps avant la remise du rapport "pour une nouvelle télévision publique" au chef de l'État. "Le président de la République porte un coup grave à l'indépendance des médias puisqu'il prévoit à l'avenir de nommer lui-même le président de France Télévisions après avis d'un CSA dont on connaît aujourd'hui la composition monocolore", ont-ils fait savoir dans un communiqué publié mercredi soir.

"C'est un plan de prise de contrôle de l'audiovisuel en France", clame de son côté François Bayrou, interrogé par lepoint.fr. Le président du MoDem assure que "c'est une atteinte profonde au principe démocratique" et qu'une telle disposition ne "serait possible dans aucun autre pays démocratique où partout on sépare télévision et pouvoir. Il y a un moment où les Français vont dire : ça suffit, c'est impossible que des choses comme ça se passent en France sans que l'on dise rien". Son bras droit, Marielle de Sarnez, a regretté sur I-Télé "de ne pas avoir entendu le CSA" après l'annonce de cette décision. "On lui enlève une prérogative qui était la sienne et ses membres ne disent absolument rien", s'est-elle étonnée.

"Une rigolade"

Outre l'avis du CSA, le chef de l'État a affirmé que la nomination du président de France Télévisions par le gouvernement se ferait "sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle". Un dispositif qui s'inscrit dans le cadre de la réforme des institutions qui a besoin, pour être adoptée, de l'approbation des 3/5 du Parlement qui se réunira en congrès à Versailles, probablement le 21 juillet. Ce qui est loin d'être acquis , le texte suscitant des inquiétudes à droite comme à gauche. Ce "droit de veto" parlementaire ne convainc donc pas Patrick Bloche. "Celui qui a le moins envie que la réforme des institutions passe, c'est Nicolas Sarkozy, parce qu'elle renforce les droits du Parlement", a-t-il détaillé jeudi matin sur Europe 1 . François Bayrou juge de son côté que ce droit de veto "est une rigolade" puisque la majorité ne risque pas de s'opposer à la proposition gouvernementale.

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a défendu la mesure jeudi matin sur RTL : "La responsabilité politique est entre les mains des élus. Ce n'est pas plus moral ou plus légitime de faire nommer le président de France Télévisions par une

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